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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 23:39

Relégué il y a trois ans en deuxième division, le club militant de Livourne vient de retrouver la Série A.

L'occasion de (re)publier le texte de présentation de cette équipe atypique écrit pour le premier numéro de La Voix du Spartak.


Présentation du Club de Livourne

livorno-bal.jpg

Une ville Rouge !
Livourne, c'est la ville rouge. Plus que tout autre coin de la Botte, Livourne traine des accents marxistes. C'est là bas qu'en 1921 fût fondé le Parti Communiste Italien. Livourne est une ville prolétarienne, subversive dans l'âme. Sous le régime fasciste, elle a été le théâtre de nombreux affrontements, symboles d’une lutte politique contre le pouvoir en place.
Comme une évidence, le stade Armando Picchi est devenu un nid pour les révolutionnaires à la Bandiera Rossa qui exhortent leurs idées progressistes juqu'à l'intérieur de la curva Nord.


L'accès à l'élite !               
Niveau sportif, le club est longtemps resté en division amateure, jusqu'à la montée en division 2 et l'arivée dans l'élite! Ce que tout un peuple attendait depuis 1949 s'est produit lors de la saison 2003-04: Lucarelli score 29 billes et Livourne choppe le train pour l’élite! L’année suivante, il finit même capocannoniere (29 buts) et le club s’enquille à une étonnante huitième place. Le 11 septembre 2004, ils sont bien plus de dix mille livournesi à faire le déplacement historique à San Siro, se moquant de Silvio Berlusconi et clamant leur désamour de l’Italie qu’il incarne. Une sorte de trophée pour un club au palmarès famélique. Et de quoi nourrir la bataille des idéologies : en Italie, plus qu’ailleurs, le Calcio est bien une immense fresque de la vie socio-politique tumultueuse de son pays.

Les Brigate Autonome Livornesi !
En effet, ce qui fait l'originalité du club de livourne, ce sont ses supporters et son kop d'ultra : les BAL : brigate autonome livornesi ! Ce groupe fondé en 1999 de distingue par son engagement politique et par son comportement militant qui prend tout sa place non seulement au quotidien mais aussi et surtout dans la « Curva Nord » du vieux stade Stadio Armando Picchi.
L'organisation du groupe à l’intérieur du stade ou en déplacement est l'un de ses points forts. D’autres parts les BAL qui estiment qu'il y a trop de « business » dans le milieu ultra ont pour ambition de conserver les véritables valeurs du mouvement.
Parmi les membres fondateurs des BAL, figure Cristiano Lucarelli, actuellement attaquant vedette de l’AS Livourne, qui ne cache pas de son adhésion à la Rifondazione Comunista et qui porte d'ailleurs le numéro 99 en hommage aux BAL.

 

Lucarelli, footballeur militant !!
lucarelli.jpgLe joueur qui incarne à merveille le club et ses valeurs est sans nul doute Cristiano Lucarelli. On pourrait dire de lui que c'est un "illuminé" qui a refusé l’appel des billets verts des magnats du foot pour rester dans son club de cœur. Pourtant Cristiano Lucarelli n’est pas fou. Il est surtout un footballeur atypique, aux valeurs communistes authentiques, et dont l’histoire d’amour avec sa ville et son club de cœur, Livourne, reste aussi bucolique qu’originale.

Lucarelli trimballe le logo du Livorno sur le bras gauche ou Bandiera Rossa comme sonnerie de mobile, et a fondé le Corriere di Livorno. Mais en 1992, à Cuoiopelli, il est devenu un chainon de l’industrie du foot, vitrine officieuse du tout-pognon. Le hic c’est que l’homme n’a jamais renié ses convictions. Pis, il les a trop souvent affichées pour ne pas épouser  les amendes(1). Comme en 1997, où il salua son but contre la Moldavie en Espoirs, le poing levé, en exhibant un tee-shirt du Che sous son maillot azzuro. Le match avait lieu à… Armando Picchi devant une Curva Nord en délire.

A l'été 2003, l’AS Livourne accède à la Série B. Une marée de fans, dont Lucarelli, envahit le pré du stadio comunale. Dans l’élan de liesse, beaucoup commencent à réclamer son retour. L’idée a fomenté trop longtemps dans l’espritde lucarelli pour qu’il ne résiste à l’appel du Bella Ciao de son enfance. La belle histoire n’est pas si simple. Car, Lucarelli, alors au Toro, menace de rompre son contrat afin de rejoindre Livourne. Pis, la saison suivante, il refuse un milliard de Lires du Toro –il en fera un livre – et s’assoit sur d’autres offres européennes séduisantes et adaptées à son standing. Le tout fait bondir la Botte: le n°99 passe pour un illuminé qui réduit son salaire au nom de l’amour du maillot.

L'histoire de Lucarelli raconte bien plus que le destin d’un buteur de talent : il incarne un croche-patte au capitalisme que ses camarades défendent et qui enfume l’odeur du vrai foot.
 
(1)  Avec Livourne, en 2007, ses accusations lui valurent 30 000 euros d’amende par la Fédé Italienne : « Ils veulent nous faire descendre pour des raisons politiques, parce que nous sommes de gauche. L’an dernier les quatre équipes (Pérouse, Modène, Empoli en Ancône) dont les supporters exposaient l’image du Che Guevara en tribune ont été rétrogradées en Série B. Maintenant c'est notre tour"

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Published by Spartak Lillois - dans Activité militante
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